Mercredi, 22.11.2017
Vivre et Agir à Linthal
Il y a cent ans : l’incendie de Linthal et de Sengern PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 27 Octobre 2014 07:15

« Le ciel était coloré en rouge, couleur sang, la fumée s’élevait de partout et des nuages de poussière et de cendre couvraient et enveloppaient le village dans une atmosphère irrespirable… ». C’est ainsi que le jeune Joseph WILLIER de Linthal, alors âgé de neuf ans et témoin de la scène, introduit la narration de la terrible tragédie du 25 octobre 1914 dans ses « Kriegserinnerungen – Mémoires de Guerre ».

Ce dimanche d’automne aurait pu être une journée ensoleillée ordinaire mais les troupes allemandes engagées dans le Haut-Florival en avaient décidé autrement. Dès 6 h 30, l’artillerie implantée sur les hauteurs du Dornsyl avait ouvert le feu sur le fond de vallée, prenant pour cible les usines textiles Klein et Gerrer ainsi que l’église Saint Nicolas de Sengern. A ces salves dévastatrices succéda le déploiement de 300 fantassins du premier bataillon du « Landwehr Infanterie Regiment Nr 123 » (L.I.R. 123) du Wurtemberg qui ont investi le centre et le quartier ouest de Linthal (le Niederdorf et le Hoefen) ainsi que le coeur de Sengern. Les soldats allemands portaient des torches et acheminaient 600 litres de pétrole.

Surpris au lever du jour et terrifiés par la détermination de l’agresseur, les habitants sont parvenus à quitter à la hâte leurs demeures avant l’imminence du malheur, sauvant quelques biens de première nécessité et libérant le bétail. L’une après l’autre, les habitations seront méthodiquement incendiées : à 10 heures, 36 maisons étaient ainsi en flammes. Les assaillants avaient même prévu de mettre le feu à la forêt entourant le bas de Linthal : ils avaient réquisitionné le valet du boulanger DEBENATH, chargé d’y transporter des charretées de bois sec. Mais les arbres arrosés de pétrole refusaient de se consumer : la forêt semblait avoir pris le parti des villageois.

Mais pourquoi donc ce déferlement de violence envers une population civile désarmée et amputée de ses jeunes hommes qui avaient déjà été enrôlés sur le front Est ? Les Allemands prétexteront des tirs embusqués provenant des habitations pour justifier leur « Strafgericht » (châtiment). Ils avaient même fait imprimer des cartes de propagande  qui prétendaient attester la véracité de leur version et justifier de « légitimes » représailles. L’un des soldats avait ainsi laissé sur les lieux du forfait une inscription aux intonations de guerre sainte : « Mit Gott für König und Vaterland, haben die Deutschen Linthal und Sengern verbrannt » (Avec Dieu pour le roi et la patrie, les Allemands ont incendié Linthal et Sengern).

Or, des nombreux témoins de cette dramatique  journée, aucun n’avait relevé le moindre coup de feu émanant de la population. L’incendie du 25 octobre 1914 n’était en fait que la mise à exécution des menaces déjà formulées trois semaines auparavant, le 4 octobre,  par l’Ortskommandant Günther dans un courrier adressé au maire de Linthal Joseph GERRER : «… unsere Artillerie schiesst das Nest zusammen, besonders sobald bemerkt wird, das die Lintaler die Franzosen irgendwie begünstigen… » (…notre artillerie rasera le patelin sitôt qu’il sera remarqué que les Linthalois favorisent les Français d’une quelconque manière…). Car la population manifestait régulièrement son attachement à la France en ravitaillant de nuit les patrouilles françaises, descendues des crêtes, au nez et à la barbe des troupes allemandes en cantonnement.

 

 Cette fidélité patriotique était certes cultivée par les vétérans de 1870 et quelques notables francophiles, comme le maire Joseph GERRER, première victime de la vindicte allemande, mais elle remontait aussi à l’importante immigration lorraine qui succéda à la Guerre de Trente Ans (notamment les familles Clad, Debenath, Diemunsch, Groff, Gully, Munschy et Tschaen, ou encore Willier, d’ascendance welsche). Cet épisode dévastateur se situe par ailleurs à une période charnière des débuts du conflit, avec des Allemands installés dans les villages et des Français repliés sur les hauteurs mais qui, grâce à des groupes francs comme celui dirigé par Gaston Brun, multipliaient les escarmouches en harcelant les avant-postes, en dynamitant des fortins et en sabotant la voie ferrée du « train blindé ». Cette tension ambiante a pu expliquer la violence de l’assaut des Wurtembergeois.

Evacués et laissés à l’abandon, les quartiers sinistrés offraient un bien triste spectacle de désolation lorsqu’après l’Armistice de novembre 1918, les habitants purent enfin quitter leurs refuges de la vallée de la Thur ou de l’Outre-Forêt, au nord d’Haguenau, pour enfin retrouver leur village natal. Un lent et douloureux travail de reconstruction les attendait, non seulement matériel, mais aussi moral et familial. En une décennie, entre 1910 et 1920, le village de Linthal avait perdu près du tiers de sa population, passant de 1003 à 721 habitants, déplorant 13 victimes civiles et 22 victimes militaires : le lourd déficit démographique sera surtout provoqué par l’exode définitif de tous ceux qui ne trouvèrent que ruines et friches à leur retour. « Une même espérance animait les rescapés de ces cinq années d’angoisse : - Nia weder Kriag – Plus jamais de guerre» : c’est ainsi que Joseph WILLIER conclura son journal. L’avenir allait hélas en décider autrement quelques vingt ans plus tard…

Samedi 25 octobre 2014, la municipalité de Lautenbach-Zell a rendu hommage aux victimes de cette agression gratuite contre d’innocentes familles de Linthal et Sengern. La commémoration a débuté au son de la fanfare des Sapeurs-Pompiers, avant que le maire Richard GALL ne relate l’historique des faits. Le dépôt de gerbe a été suivi par « La Marseillaise » entonnée « a capella ».

Le public a ensuite pu découvrir l’exposition documentaire présentée en l’église Saint-Nicolas par la Société d’Histoire « S’Lindeblätt », puisant dans les fonds de son archiviste Claude BEIL. Les plus courageux ont aussi bénéficié d’une visite guidée des principaux sites ravagés par l’incendie, illustrée par des photos prises avant et pendant la guerre, puis confrontées aux vues actuelles. La flânerie mémorielle était guidée par Hubert MARTIN et Jean-Yves FREY, au nom des associations locales VAL et « Amitié Florival-Magnoac ».       

 

 


 

Mise à jour le Lundi, 27 Octobre 2014 07:19
 
Bourse aux Plantes et aux Graines PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 24 Octobre 2014 10:16


 

La jeune association "Florival en Transition" (dont VAL a contribué à la fondation)

a organisé samedi 18 octobre sa première Bourse aux Plantes et Graines automnale,

après un premier troc printanier.

 

Les jardins du presbytère de Lautenbach ont servi de cadre à cette rencontre conviviale

qui rassembla une cinquantaine d'amateurs de jardinage, échangeant plants, graines,

livres, outillage... et bons conseils, sous un chaud soleil d'été indien.

 

Le public a aussi pu savourer les dérivés gastronomiques de nos vergers et potagers

grâce à des gâteaux aux fruits, potages, tisanes et liqueurs, tous issus des terres

du Haut-Florival.

 

Un bel espace de liens partagés qui sera reconduit au printemps pour le plus grand

plaisir des amis de nos jardins.

 


 

 
Expo "Chez nous, vu du Ciel" PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 24 Octobre 2014 05:43


 

Le siège de la Communauté des Communes de la Région de Guebwiller accueille

jusqu'au 15 janvier une exposition de 100 photos aériennes présentant les territoires

de la vallée, du vignoble et de la plaine.

Ces paysages modelés par l'Homme sont classés en cinq grands thèmes,

de la montagne aux villages de plaine, en passant par le piémont et le tissu urbain.

 

Nous avons eu le plaisir de participer à l'inauguration du 16 octobre ainsi qu'à la sortie pédestre

dans le vignoble guebwillerois, samedi 18 octobre.

 

Animée par Cécile ROTH-MODANESE, chargée du patrimoine au Pays d'Art et d'Histoire,

la flânerie sous un soleil d'été indien a permis une passionnante lecture de paysage,

en confrontant les documents d'archives à la géographie actuelle.

 

Des pentes du Schimberg à la Croix de Mission, les participants ont pu suivre l'évolution

de la ville au gré de la révolution industrielle, des voies de communication, des premières

cités ouvrières et villas bourgeoises, puis des grands ensembles et des zones pavillonnaires.

L'extension des zones urbanisées a ainsi couvert l'étendue de la vallée, réduisant les espaces

naturels ou cultivés. Le vignoble s'est peu à peu limité à un seul versant, les champs

et vergers étant investis par la densification de l'habitat.

 

Une découverte pédagogique très documentée qui permet de jeter un nouveau regard

sur des "vues du ciel" illustrant l'empreinte humaine au fil des générations...

 

  


 

 
Lectures au Jardin des Merveilles PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 23 Octobre 2014 09:14

 

Fin août, des membres du Cercle de Lecture se sont retrouvés dans les Jardins

du Parc de Wesserling pour une flânerie littéraire en compagnie de Lewis Carroll

et d'Alice dans les méandres du Jardin des Merveilles.

 

Remontons le temps à la rencontre du Lapin Blanc toujours pressé, du Lièvre de Mars,

du Chapelier Fou et de sa théière... au pays de l'absurde et de la métamorphose surréaliste.

 

 

 

 


 

 
En formation avec le Plan Climat du Pays PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 11 Juillet 2014 06:01

Des membres de VAL ont participé, le 2 juillet, à la journée de formation proposée par le Plan Climat

du Pays Rhin Vignoble Grand-Ballon (PRVGB) et le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges (PNRBV).

 

Cette rencontre d’information a réuni des élus, des représentants d’entreprises et des délégués associatifs

autour du thème de la réhabilitation des friches industrielles, sous la conduite de Marion PREFOL,

chargée de mission « Plan Climat » au PRVGB et de Frédéric MONIN-GUENOT, architecte au PNRBV.

 

Un autocar au départ de Guebwiller a tout d’abord conduit les participants dans la vallée de la Weiss,

à Sainte-Croix-aux-Mines. Ils ont été accueillis par le maire Claude SCHMITT pour la découverte

d’un nouveau quartier en éco-habitat implanté sur une friche ferroviaire.

 

Le site se compose d’un ensemble de maisons à ossature bois avec charpente incurvée, les maisons « coccinelle »,

érigées sur d’anciens ballasts, avec un aménagement paysager phyto-épurateur autour de fossés d’évacuation

des eaux superficielles.

 

 

 

Le voyage s’est ensuite poursuivi jusqu’à Fraize, dans la vallée de la Meurthe.

Les élus de la Communauté des Communes nous ont fait visiter la friche industrielle des Aulnes

en cours de réhabilitation : cette ancienne filature fait l’objet, depuis 2009, d’un plan de restructuration

en éco-quartier, avec une zone d’activité et de formation consacrée à l’éco-construction et un projet d’habitat

à énergie positive desservi par un réseau de chaleur.

 

 

Cette visite très instructive a permis de relever le dynamisme et l’engagement des élus qui ont su investir

et s’investir au service de l’innovation architecturale, de l’initiative économique et de la cohérence écologique

afin de transformer une verrue urbaine en vitrine de l’intégration paysagère et de l’efficacité énergétique.     

 

    

 

 


 

 

 
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