Mercredi, 22.11.2017
Du Fer au Clou PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 18 Juillet 2011 16:06

Parcours pédestre historique

« Du Fer au Clou »


Les prospections minières du Sattel

Les gisements d’hématite (minerai de fer) du Sattel ont donné lieu à une prospection sur le site toujours appelé « Erzgrubenloch ». En 1763, le chapitre de Lautenbach concède aux frères François-Philippe et François-Xavier d’ANTHES, héritiers de la Manufacture Royale de Wegscheid et des forges de Willer, un bail de sondages et d’exploitation minière sur son territoire. François-Philippe d’ANTHES, seigneur de Nambsheim et de Blotzheim, a été à l’origine, en 1762, de la manufacture d’indiennes de Wesserling. Son frère Georges François-Xavier d’ANTHES, seigneur de Brinckheim, est le grand-père du baron Georges Charles de HEECKEREN d’ANTHES qui blessa mortellement le poète russe Alexandre POUCHKINE lors d’un duel. Le filon du Sattel révèlera un minerai d’une teneur en fer impropre à une exploitation rentable.

 

 

L’entrée de la galerie de l’Erzgrubenloch

 

 

 

 

 

 

 

Blocs d’hématite et affleurement du filon

 

 

 

 

 

A la découverte du site, samedi 16 juillet, avec un groupe de 14 passionnés

 

 


La clouterie de la Nagelschmiede

La première mention de son activité apparaît dans les Registres Paroissiaux de Lautenbach en 1756 avec Jean LATSCHA et ses fils Jean et Jean Jacques. Le cadastre de 1826 situe l’implantation de la forge au bord du Linthalbach, en amont de la Spittelmatt qui accueille l’habitation du cloutier Paul LATSCHA, petit-fils de Jean Jacques. En 1856, le curé François Joseph SCHMIDT représente la maison du cloutier dans le « Status Animarum » de la paroisse (registre nominatif des paroissiens). La demeure est couverte de chaume tandis que la grange semble recouverte de bardeaux. L’activité s’arrête en 1858 lors de la vente des biens. Vers 1860, le curé SCHMIDT fait ériger un oratoire près de l’emplacement de la clouterie.


 

Reconstitution d’une clouterie artisanale du XIXème siècle

 

 

 La clouterie et sa variété de clous

Extrait de l’Encyclopédie de DIDEROT et D’ALEMBERT

 

 

Le cloutier (Der Nagelschmied)

Jean Frédéric WENTZEL – 1847

 

 

Quelques clous originaires de la clouterie de la Nagelschmiede

 

 

Une enclume de cloutier


Le matériel du cloutier



 


La famille LATSCHA, des mennonites convertis au catholicisme


Les cloutiers LATSCHA de Linthal sont tous issus de la descendance de Lorentz (Laurent) LATSCHA, installé au village après un passage par la ferme de l’Oberlauchen et héritier d’une longue lignée d’anabaptistes mennonites suisses. Il sera le précurseur de ses coreligionnaires RUBY et STEINER, pionniers d’une agriculture novatrice, avec fumure, arboriculture et irrigation, fondateurs du concept de la ferme-auberge.

Son ancêtre Hans LOETSCHER a vu le jour en 1601 dans le hameau de Latterbach, près d’Erlenbach, dans le Simmental (canton de Berne). Sa famille, de confession mennonite, est persécutée : deux de ses fils seront emprisonnés à Berne, puis condamnés à deux ans de galère au départ du port de Venise. A leur retour en 1671, ils émigrent vers le Jura où les patronymes se transformeront en LATSCHAR, LATSCHA ou LACHAT. De là, des descendants continueront leur route vers le Palatinat, la Hollande (LEUTSCHER), l’Alsace, puis la Pennsylvanie (LATSHAW).

A partir de 1696, les LATSCHA apparaissent dans le Florival, après un passage par Masevaux. De 1699 à 1715, Henri LATSCHA est le fermier de la cense du Lauchen, propriété du chapitre de Lautenbach. La production de « fromage de Délémont » y est attestée dès 1700. La marcairie accueille également les familles de ses frères Jean Henri et Laurent. De nombreux enfants y naîtront et seront baptisés dans la religion catholique. Né à Masevaux, Laurent LATSCHA décède à Linthal le 27 octobre 1752.

La clouterie est attestée à partir de 1756 avec Jean LATSCHA, fils de Laurent, époux d’Anne Marie SYREN en 1727, puis en secondes noces de Suzanne ANDRES en 1761. Ses fils Jean Jacques (né en 1728) et Jean (né en 1729) prendront la relève. L’inventaire dressé après le décès de leur mère en 1761 les mentionne voisins « obe im Dorf ». La troisième génération de cloutiers sera représentée par Sébastien (1752-1838) et Joseph (né en 1765), fils de Jean Jacques LATSCHA et de Salomé ETTERLEN. Une forge est alors également en activité jusque vers 1840 au Hoefen.

Le dernier exploitant de la clouterie de Linthal sera Paul LATSCHA (1795-1869), le plus jeune des cinq enfants de Sébastien, secondé par ses fils Martin, Valentin et Joseph jusqu’en 1858. De nombreux descendants de la famille LATSCHA vivent toujours à Linthal.


Sources : « A Latshaw Family Journal » - recherches généalogiques de Herbert LATSCHA –- relevés d’Antoine JENNY dans le SAIREPA n°71 du CDHF de Guebwiller

 


 


La maison d’habitation des cloutiers LATSCHA

 

La clouterie était implantée en amont de l’oratoire

(sortie du 16 juillet)

 

 


 

Mise à jour le Lundi, 18 Juillet 2011 16:37